la Gazette des Astrologues

n°153 - Juillet 2017

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Bulletin mensuel de la FDAF (Fédération Des Astrologues Francophones)

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“Sur le Vif”

La chronique de

Jacques VANAISE

Le praticien astrologue est-il un idéaliste ?  

Pour peu qu’il aspire à déceler en chaque personne autre chose qu’une palette de comportements, et pour autant qu’il pense qu’un projet personnel de réalisation est préférable à tout défaitisme aussi bien qu’à tout déterminisme, il se dit que toute existence qui échoue à signifier perd de sa valeur.

Mais de quelle valeur s’agit-il ?

En mai 68, un certain frémissement nous a conduits à poser un autre regard sur le monde…  

Aujourd’hui, on nous dit à nouveau que le monde est en crise, celle-là même qui était pressentie dans l’exigence d’une certaine jeunesse.  

En Belgique, il une fondation déclare : « ceci n’est pas une crise ».  Son constat : « notre société est confrontée à de profonds changements qui vont bien au-delà de la crise économique actuelle et qui ont un impact considérable sur la construction de l’identité des individus » http://www.cecinestpasunecrise.org/ .

Comme astrologues, nous ne pouvons être indifférents à un tel constat qui en appelle à réfléchir à propos des diverses dimensions de l’humain et, plus particulièrement, de la vie intérieure.

Désormais, pour le monde marchand qui caractérise et phagocyte notre société, seul compte la dimension extérieure de nos vies, celle qui est mesurable et qu’il s’agit de « commercer ».

En ce qui nous concerne, dans notre pratique visant bien plus à comprendre la psyché des hommes qu’à justifier le moindre de leurs faits et gestes, nous ne nous contentons pas du seul paradigme matérialiste qui supposerait (pour taire toute interrogation intérieure et toute inquiétude métaphysique) de « réussir » dans la vie, plutôt que de réussir notre vie.  Ce qui suppose de lui donner du sens.

Mais, ce sens, est-il à ajouter en cours de route ?  Devient-il évident à mesure que nous tirons satisfaction de nos engagements et de nos réalisations, et tandis que nous saisissons mieux ce qui était sous-jacent jusque-là, y compris dans les prédispositions décelées dans notre thème de naissance ?  Ou bien, au contraire, notre besoin de donner du sens se précise-t-il en amont, à la manière d’un projet et d’une mise en perspective ?

Admettons que l’abandon d’un sens à reconnaître ou à donner au cheminement des hommes est sans doute responsable du monde chaotique que nous observons autour de nous.

Tout au fond de lui-même, l’homme s’est-il à ce point désinvesti des questions existentielles ?  

Nous restons des êtres doués de conscience qui s’interrogent encore et encore sur les questions de la vie et de la mort ; et donc, de la finitude ; et donc, de la finalité ; et donc, du sens.

Quotidiennement et prioritairement investis dans le premier degré des choses, nous faisons le grand écart, comme si nous pouvions définitivement tourner le dos aux questions de fond qui nous taraudent, malgré tout, malgré nous.  

Or, l’enveloppe superficielle du quotidien ne saurait indéfiniment nous délivrer d’un double sentiment ; celui d’une impuissance face à la machine temporelle qui nous broie goutte à goutte et celui d’un sentiment d’insuffisance lorsque le vertige de l’infini nous fait tomber de notre piédestal.

Une certaine humilité est nécessaire pour accepter d’affronter les questions sans réponse ; sans réponse évidente, formatée, reproduite, imposée…  

C’est l’un des ébranlements que suscite parfois la lecture d’une carte du ciel : nous pousser dans la brèche, au moment de découvrir notre filiation avec une vaste psyché qui sous-tend le processus d’éclosion de notre personnalité, en interaction avec notre milieu culturel et social, aussi bien qu’en appui à nos déterminants biologiques et héréditaires.

Face au besoin que nos contemporains ont de donner un sens à « la «  et plus singulièrement à « leur » vie, demandons-nous donc si notre tâche, finalement, est de subordonner la mise en œuvre de notre potentiel aux réalités du monde, ou si elle consiste à déceler ce qui est germe, en potentiel, en projet en chacun, en réponse à l’éclosion d’une dimension solaire, celle où le devenir des hommes se prépare à rebondir dans leur conscience…  

Ne dit-on pas que chaque nouvellement né est …  le plus récent messager du ciel ?


Jacques VANAISE

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jacques.vanaise@skynet.be