l’Astro Gazette de la FDAF

n°199 - Mai 2021

Bulletin mensuel de la FDAF (Fédération Des Astrologues Francophones)

Billet d’Humeur

Du thème natal à la mort, ou comment tirer sa révérence ?

Marie
SABAU


Au même titre que notre naissance, doit on subir, sans choisir, le contexte de notre mort ?


Si l’on postule qu’un astrologue accompagne une personne pour qu’elle puisse évoluer et se réaliser pleinement, il me semble que la fin de vie est aussi un moment d’autant plus important qu’elle est charnière avec notre prochaine incarnation (si on croit au Karma), le passage au paradis (si on y croit) ou simplement notre mort biologique. La maison VIII nous rappelle souvent que la vie est un cycle continu où il nous fait savoir renaître après une phase de transformation intérieure profonde, souvent vécu comme une mort symbolique de ses anciennes mauvaises habitudes, fréquentations, etc. La vie est ainsi souvent comparée à un long voyage jalonné d’épreuves à surmonter… Ces moments compliqués à vivre ont souvent une fonction transformative positive si l’on fait les bons choix et que nous assumons nos décisions. L’astrologie peut être un outil fabuleux pour aider une personne à arriver épanoui à destination … Mais le voyage peut être particulièrement long…


Depuis plusieurs années, on constate en France, un allongement de l’espérance de vie ainsi qu’une forte augmentation du nombre de seniors au sein de la population française. Or, nos aînés ont été particulièrement impactés par le Covid-19. Cette crise sanitaire a également permis de mettre en évidence un système de santé au bord de la rupture ainsi qu’un manque d’équipements et de personnels dans les EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes). Face à ce contexte sanitaire et démographique critique, l’annonce de la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale en 2020 pour couvrir les risques liés à la perte d’autonomie apparaissait bienvenu. Cependant, est ce véritablement la seule solution envisageable ?


Dès les années 70, de plus en plus de personnes âgées sauvées de la mort grâce aux avancées technologiques en matière de réanimation n’ont plus eu qu’une vie végétative. Ces personnes ont ainsi été maintenues en vie sans que leur autonomie physique et/ou mentale ait pu être préservée. Suite à de telles expériences, la peur d’une fin de vie prolongée, sans qualité, parfois dépendante de machines ou des proches, a émergé au sein de la population et, comme le montre l’anthropologue Raymonde Courtas, notamment parmi ceux qui ont vu mourir l’un de leurs proches dans des conditions pénibles.


En bref, bonne nouvelle, nous avons une probabilité de chance de plus en plus forte de vivre centenaire… Mais à quel prix ? Surtout qu’Alzheimer se développe… Comment envisager une nouvelle incarnation plus allégée, plus harmonieuse si la fin de vie se termine très péniblement avec son lot de pensées négatives dans la douleur physique et le sentiment dévalorisant de terminer sa vie de manière assistée ?


C’est pourquoi La loi néerlandaise ayant légalisé l'euthanasie active directe en 2002 dans de strictes conditions ne fait pas, de distinction entre douleurs corporelles et douleurs psychologiques. Mais le patient doit avoir expressément donné son consentement à mettre fin à ses jours de cette manière. Dans la majorité des cas, il s'agit de patients âgés de 70 à 80 ans. L'euthanasie intervenait au départ principalement pour des personnes souffrant de cancer, de troubles neurologiques ou de maladies pulmonaires, cardiaques et vasculaires.


En 2018, seize ans après sa légalisation, l'euthanasie s’est généralisée aux Pays-Bas. Alors que cette pratique a longtemps été taboue dans le milieu psychiatrique, les cas d'euthanasie de personnes atteintes de troubles psychiques sont en progression. Cette tendance s'explique notamment par l'augmentation de la maladie d'Alzheimer, mais aussi par la prise en compte de plus en plus fréquente des douleurs psychiques.


En France, les lois Leonetti de 2005, 2010 et 2016 ont juste instauré un droit au « laisser mourir ». Cette loi autorise l'administration par les médecins de traitements anti-douleur permettant de soulager la souffrance, avec pour « effet secondaire d'abréger la vie » d'un malade en « phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable ». Cependant, selon Jean-Luc Romero-Michel président de l’ADMD, «  Elle permet la sédation profonde et continue. On vous endort, on arrête de vous alimenter et de vous hydrater. Parfois vous mourrez dans les 24 heures, mais pour d’autres ça peut durer trois semaines. Il faut provoquer une maladie pour vous faire mourir. Il faut que les reins soient atteints, donc on vous fait mourir de faim et de soif. Mais c’est une agonie terrible."


Jeudi 08/04/2021, une proposition de loi du groupe parlementaire 'Libertés et territoires' sur la fin de vie doit être étudiée. Le texte, qui vise à dépasser la loi Claeys-Leonetti de 2016, autorise l'assistance médicalisée et l'aide active à mourir. Il y a un consensus assez large chez les députés de tous les bords mais malheureusement de très nombreux amendements (environ 3000) ont été déposés sur cette loi, ce qui pourrait empêcher son examen et son adoption jeudi."


Peut-on garder son libre arbitre, sa capacité à choisir son destin jusqu’au dernier souffle et notamment celui de bien mourir au même titre que l’on a cherché à avoir une belle vie?


C’est une question que l’astrologue dont la mission est d’aider, d’accompagner une personne à se réaliser tout au long de sa vie pourrait se poser… Une fin de vie digne devrait également faire partie de ses préoccupations en analysant le thème natal d’une personne… et notamment les grands rendez-vous d’une vie.


Marie SABAU

mrlpqv@gmail.com